LA CHINE SE FOCALISE SUR LE DÉVELOPPEMENT DE SON MARCHÉ DOMESTIQUE UNE PÉRIODE DIFFICILE POUR LES INVESTISSEURS ÉTRANGERS

29/08/10

Si la première décennie du XXIème siècle a vu l’affaiblissement de l’inéluctable processus de mondialisation, la seconde décennie semble confirmer un nouvel ordre mondial à deux pôles, avec une Chine métamorphosée en passe de devenir la seconde économie mondiale.
L’économie chinoise, portée par ses exportations, ne peut soutenir sa croissance au même taux que celui atteint au début du millénaire, pendant que le monde occidentalaffaibli entame la nouvelle décennie dans l’appréhension d’une seconde récession, accablé par les dettes souveraines.  

Reconnaissant ça, les dirigeants de la Chine ont commencé à développer le marché domestique en favorisant la hausse des salaires, pour fournir à sa population des moyens supplémentaires pour consommer ses propres produits et augmenter les fonds déposés dans les banques nationales. 
 
Bien que ce soit une stratégie judicieuseet bien accueillie, la tâche reste difficile et ne pourra rapidement se faire sans complications ni sans conséquences préjudiciables pour les investisseurs étrangers. 

Maintenir la compétitivité d’une économie basée sur les exportations tout en augmentant les salaires pour stimuler le marché domestique reste un équilibre difficile à réaliser, plus particulièrement face aux pressions américaines incitant à laisser flotter le taux de change du yuan. 

De plus, en ce moment en Chine, les classes sociales sont largement divisées avec 200 millions de privilégiés et plus d’un milliard de défavorisés.  La haute société enrichie semble n’avoir aucune motivation pour instiguer des changements et la classe ouvrière se sent tellement exclue qu’elle n’ose espérer que les choses se passent différemment,ce qui maintient donc une certaine stabilité. 

Les dirigeants chinois doivent êtrereconnus pour s’être courageusement emparés du problème en encourageant l’émergenced’une classe moyenne. Les classes moyennes en veulent toujours davantage, revendiquant toujours plus de liberté économique, tout en accentuant la pression politique alimentant une instabilité sociale.  

Dans un pays comme la Chine, doté d’une population de cette tailleet d’une telle diversité ethnique, les défis rencontrés restent difficiles à évaluer. Les entreprises industrielles étrangères seront durement touchées.  

Elles se retrouveront dans une situation moins concurrentielle, cédant inévitablement aux pressions de Pékin et de leurs employés pour augmenter les salaires, devant dans le même temps continuer à gérer les défis inhérents au marché, posés par la corruption, les fraudes, le risque politique et le manque de transparence, risques qui étaient auparavant acceptés en échange à l’accès àune si abondante main d’oeuvre bon marché. 

Par conséquent, les entreprises et les investisseurs  devront inévitablement faire preuve de plus de sophistication quant à la façon dont ils opèrent en Chine, s’ils doivent survivre et prospérer avec les retombées de ces changements. La corruption locale dans le monde des affaires, le gouvernement et le système judiciaire resteront le principal risque.  

Le manque de transparence dans la comptabilité, les pratiques et les normes bancaires, conjointement à la carence à adopter des règles de comptabilité internationales ou américaines, vont créer de véritables difficultés pour les investisseurs étrangers qui tenteront d’analyser de manière fiable leurs résultats financiers. Des accommodations dans les réglementations gouvernementales locales et le contournement délibéré de leur mise en application résultant de pressions politiques continueront de décevoir.

La politisation des opérations dela banque centrale compliquera rudement les transactions financières.  Des pratiques prédatrices de la part de concurrents cherchant à se positionner sur les créneaux que les étrangers occupent avec succès, soutenues par des décisions judiciaires instinctivement xénophobes et sujettes à corruption, amèneront certains investisseurs à perdre contrôle de leurs actifs. Ces risques vont perdurer ets’accroître pendant quelques temps. 

 Les fonctionnaires chinois vont se focaliser davantage sur la stabilité sociale et politique, trouvant peu de raisons d’améliorer l’environnement opérationnel quand tellement d’investisseurs et d’investisseurs potentiels se sont déjà bienservi.  Maintenir une inégalité en faveur des intérêts locaux, concurrentiels des intérêts étrangers, reste une manière facile d’apaiser les tensions locales ; ce sentiment ne changera pas jusqu’à ce que nombre d’investisseurs étrangers commencent à partir en signe de mécontentement. 

L’exploitation de l’immense potentiel que représente la Chine est à juste titre une stratégie prioritaire pour presque toutes les entreprises internationales, mais ces questions doivent être sérieusement considérées.  

Les approches normatives occidentales conjointes à la diligence requise ne seront pas et ne sont déjà pas, en toute réalité, suffisantes en regard à ces nouvelles complications.  Il n’y apas de projets d’investisseurs étrangers qui puissent survivre au contact d’une réalité de fonctionnement, au sein d’un environnement comparable à celui de la Chine. Cependant les fondamentaux démographiques sous-jacents sont solides ; une stratégie quicomprendrait la valeur des bonnes connexions et saurait tirer profit des informations sur les quelleselles se basent et qui de surcroît aurait analysé de façon approfondie les immenses défis posés par les réformes sociales en Chine, aura toutes les opportunités de bénéficier d’un retour raisonnable.

Par Nick Day, PDG de Diligence Inc.

Publie’ sur
DB INTERNATIONAL NUM.7

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